J’ai trouvé Arthur un jour de grande solitude
:
D’habitude vous ne voyez les yeux des renards que la
nuit lorsqu’ils traversent les routes, ou aussi très
facilement tôt le matin si par chance vous marchez jusqu’au
lac. Là, toute la famille de renards joue au bord de
l’eau.
En ce qui concerne Arthur, les choses sont différentes.
Ou comment d’une histoire triste vous arrivez au temps
du rêve.
Vous savez certainement que les renards sont considérés
comme nuisibles, ici en France, probablement parce qu’ils
sont connus pour leur avidité envers les poules. C’est
la raison pour laquelle la plupart des fermiers français
tuent souvent des renards. Ils sont également susceptibles
de disparaître d’autres régions du monde.
Arthur est l’un de ces renards. Peut-être a-t-il
été tué par un fermier, ou heurté
par une voiture, et après empaillé et vendu
à quelqu’un. Les chasseurs aiment les animaux
empaillés…
J’ai trouvé Arthur chez un antiquaire. Il attendait
depuis longtemps, peut-être deux ou trois ans. Je n’ai
pas pu résister et j’ai décidé
que je pourrais lui proposer une nouvelle vie, plus joyeuse,
libre à nouveau, et respectable.
C’est ainsi que l’histoire a commencé.
Nous étions tous les deux très seuls. Vous savez
que la plupart des gens ont un animal domestique ! Arthur
n’est pas devenu un animal domestique, mais simplement
un HEROS ! Et cette histoire est vraie.
L’âme ne disparaît jamais, c’est
ce qu’une partie des êtres humains croit. C’est
pourquoi Arthur est devenu mon partenaire, nos âmes
nous parlant l’une à l’autre, en devenant
des pélerins sur la Terre, regardant la nature de nouveau,
et puis flânant dans les rues de Londres, lui voyageant
partout avec moi. C’est le début d’une
grande histoire qui nous rappelle que les renards ont été
les héros de plusieurs contes partout dans le monde,
il y a longtemps.
En Amérique, les indiens croient que les renards deviennent
invisibles et il est raconté qu’ils peuvent penser
et agir si vite qu’ils sont devenus les symboles de
l’intelligence.
Par exemple aussi, si vous allez au Japon, vous trouverez
des sculptures de renards à l’entrée des
temples : il est dit que la déesse du riz, Inari, avait
un messager appelé Kitsune et que ce messager était
un renard. On racontait aussi que le renard avait une force
magique et qu’il pouvait apporter des messages aux gens.
Mais certains renards pouvaient être de vilains messagers,
cela dépend des histoires que vous lirez.
Si vous allez en Afrique, vous entendrez parler des renards
dans les villages dogons, qui viennent chaque nuit déposer
sur le sable des messages. Le matin, les vieux sorciers du
village peuvent décrypter ces messages.
Si vous lisez les fameuses fables de Jean de la Fontaine
vous en apprendrez énormément sur le comportement
et la ruse des renards. Ils se débrouillaient toujours
pour obtenir ce qu’ils voulaient, en racontant des histoires
à tout le monde !
Et si vous lisez la belle histoie du PETIT PRINCE d’Antoine
de Saint Exupéry, vous apprendrez les mots d’amour
prononcés par le renard, qui disait qu’on ne
voit bien qu’avec le cœur.
Et en ce qui concerne la Chine ? J’ai lu que les renards
protégeaient les femmes ! Dans la mythologie chinoise
(probablement de LIAO ZHAI) le renard est décrit comme
un animal sage, ce que je crois vraiment, et j’ai même
appris qu’un renard vivait dans les montagnes, méditant
pendant des siècles, avait reçu un pouvoir magique
à force de vivre seul dans un endroit aussi isolé.
Cependant dans certaines légendes le renard est considéré
comme l’âme du diable. Il apparaît la plupart
du temps sous la forme d’une femme séduisant
les homme et leur prenant tant d’énergie que
ces hommes mouraient. De plus, les vieilles croyances chinoises
auraient démontré que les renards avaient de
tels liens avec l’être humain, qu’on disait
d’eux posséder une âme dominante, appelé
« ling », qui les rendait encore plus subtils
que les autres animaux, ce que je crois aussi. Ils possédaient
aussi le pouvoir de la lune par exemple, et pouvaient offrir
leurs prières à la lune. Ils apparaissaient
aussi sous la forme d’humains, et si vous pratiquez
le Qi Qong vous trouverez effectivement des exercices du renard
priant à la lune, ce que j’ai récemment
lu.
C’est comme çelà qu’on arrive à
la conclusion que les hommes et les animaux ont des liens
si étroits qu’ils ne peuvent vivre les uns sans
les autres. Nous sommes tous des créatures vivantes
qui devraient peut-être faire plus attention à
cet aspect, même si l’évolution de la vie
rend les choses de plus en plus difficiles.
En ce qui me concerne, en tant que photographe, vivant dans
un endroit encore sauvage du sud de la France, je continuerai
à voyager avec Arthur, et à regarder comment
les choses changent autour de moi. C’est toujours intéressant
d’observer de la façon la plus simple comment
nous vivons, et comment les paysages sont transformés
par l’homme, et par une population grandissante, et
comment et pourquoi les villes sont de plus en plus importantes
pour l’intérêt des hommes en comparaison
avec la campagne, et surtout, je continuerai à contempler
le monde comme une illusion, même si nous devions croire,
que tout ceci n’est qu’une illusion aussi.
D’un lieu à l’autre dans toutes ses différences
le renard Arthur est certainement le contemplateur des choses,
mais il rencontre aussi les hommes. C’est ainsi que
nous arrivons à un nouveau mode d’observation
: les humains ont besoin des animaux pour vivre de façon
plus équilibrée ! Excepté bien sûr
le fait que nous avons besoin d’eux pour nous nourrir,
nous en avons définitivement besoin en tant qu’animaux
de compagnie, d’amis, de membres de nos familles. Les
animaux sont le vecteur de rencontre des humains. Les animaux,
en tant que compagnie, sont les centres d’intérêt
des enfants, des adolescents, des adultes et des personnes
âgées, des pauvres et des riches, de nous tous.
Il s’agit soit de poissons, d’oiseaux, de chats,
de chiens, de souris, de vaches, de pandas, ou tout simplement
d’un renard.
Oui, c’est ainsi qu’Arthur est revenu à
la vie : il permet aux gens de se rencontrer à nouveau,
différemment, facilement, et avec beaucoup d’amour
et de tendresse… Savez-vous que beaucoup d’Européens
se sentent très seuls ? Enfin, c’est ce qu’ils
disent ici…. Et nous deux, Arthur et moi, aimerions
voyager jusqu’en Chine, bien sûr.
J’espère que vous aimerez la quête de
la lumière d’Arthur, le symbole de la beauté
et de l’harmonie qu’il représente.
DEUX PETITES HISTOIRES D’ARTHUR
« nous sommes partis à la cascade avant le lever
du soleil. C’était une merveilleuse cascade.
Je faisais des photos et Arthur était assis près
de la cascade, regardant et contemplant comme s’il priait.
Je pouvais ressentir l’énergie de la nature très
profondément en moi. Depuis le son de l’eau jusqu'à
la lumière du soleil traversant les branches, tout
était magique. J’ai alors pensé que nous
devrions revenir plus souvent vers la nature.
Et alors Arthur a disparu, peut-être pour aller chasser.
Je ne sais pas. J’ai trouvé des fraises sauvages
et j’ai commencé à les manger. J’ai
réalisé à quel point je n’avais
alors plus besoin de rien. Même mon appareil photo était
devenu superficiel, je me sentais juste heureuse et en paix.
J’ai entendu par des nuits de pleine lune les fées
et les licornes danser autour de cette cascade. Je crois qu’Arthur
les rejoint parfois… »

« et c’est ainsi qu’Arthur, le petit prince
et la petite fille devinrent les meilleurs amis du monde.
Ils passaient la plupart de leur temps à l’école,
lisant des livres, ou dans le jardin, regardant et écoutant
les bruits de la nature.
Mais quand Arthur et le petit prince revenaient de l’école,
ils étaient heureux de me raconter les vieux contes
français sur les renards. Nous ne comprenions pas tous
les mots, parce que c’était du vieux français,
mais nous nous amusions bien. Toutes les histoires avaient
été écrites au moyen-âge. A cette
époque les renards étaient considérés
comme des voleurs et capables de parler aux gens.
Je pensais que nous, les êtres humains, ne pourrions
jamais vivre sans histoires : vraies ou fausses, jolies ou
tristes, chantées, peintes, nous aimions tous les histoires
: depuis notre enfance jusqu’à nos vieux jours,
nous essayons de nous souvenir de nos histoires préférées,
et les racontons à nos enfants, qui les raconteront
plus tard à leur propres enfants… »

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